Dow Jones : 2 000 points de chute. Le contexte, plus important qu'il n'y paraît.
Une baisse de 2 000 points du Dow Jones peut sembler catastrophique au premier abord. Pourtant, son impact réel dépend fortement du niveau général de l'indice, une perspective souvent oubliée.
Quand une chute de 2 000 points du Dow Jones n’est pas ce que l’on imagine
Lorsque les gros titres claironnent une chute de 2 000 points du Dow Jones, la situation semble catastrophique. Beaucoup de gens s’imaginent immédiatement la ruine financière ou une récession imminente. Mais voici un secret : une chute de 2 000 points n’est pas toujours aussi alarmante qu’elle en a l’air, surtout comparée à celles des krachs boursiers passés.
Tout est une question de contexte. Une baisse de 2 000 points signifie quelque chose de très différent lorsque le Dow est à 10 000 points que lorsqu’il est à 30 000 points. C’est comme perdre environ 0,9 kg (2 livres) lorsque vous pesez 45 kg (100 livres) que de perdre environ 0,9 kg (2 livres) lorsque vous pesez 136 kg (300 livres). Le nombre absolu est le même, mais le pourcentage est radicalement différent.
Le Dow Jones : ce que c’est et comment il évolue
Le Dow Jones Industrial Average (DJIA) est un indice boursier. Il suit la performance de 30 grandes entreprises publiques cotées en Bourse aux États-Unis. On peut le voir comme un aperçu d’un segment spécifique de l’économie américaine. S&P Dow Jones Indices gère cet indice.
Ces entreprises comptent parmi leurs membres des géants comme Apple, Microsoft et McDonald’s. Sa valeur est calculée en fonction des cours des actions de ces 30 entreprises. Le Dow est un indice pondéré par le cours de ses actions, ce qui signifie que les actions les plus chères influencent davantage sa valeur.
Un « point » dans le Dow représente une unité de mesure de la variation de la valeur de l’indice. Ce n’est pas un montant en dollars. Par exemple, si le Dow gagne 100 points, cela signifie que le cours moyen pondéré de ses actions constitutives a augmenté. Les investisseurs surveillent ces points, mais ils passent souvent à côté de la vue d’ensemble.
Les variations en pourcentage offrent une perspective plus claire des mouvements du marché. Une chute de 2 000 points pour un indice à 10 000 points représente une baisse de 20 %. Il s’agit là d’un événement majeur sur le marché. Cependant, une chute de 2 000 points pour un indice à 30 000 points ne représente qu’une baisse d’environ 6,7 %. Bien que toujours significative, elle est beaucoup moins grave.
Chutes historiques de 2 000 points : la réalité derrière les gros titres
Mars 2020 a été marqué par une volatilité sans précédent sur les marchés financiers mondiaux. La pandémie de COVID-19 a déclenché une série de chutes massives de l’indice DJIA. Ces événements illustrent parfaitement comment les grandes baisses en points se traduisent en pourcentages de baisse.
En mars 2020, la pandémie de COVID-19 a déclenché une volatilité sans précédent et une série de chutes massives de l'indice Dow Jones Industrial Average, illustrant de manière frappante comment les grandes baisses absolues se traduisent par des variations en pourcentage significatives. (Source : thestreet.com)
Le 9 mars 2020, le DJIA a chuté de 2 013,76 points, soit 7,79 %. Cette forte baisse a été exacerbée par des craintes croissantes concernant l’impact économique de la pandémie. Une guerre des prix du pétrole qui s’intensifiait entre l’Arabie saoudite et la Russie a davantage effrayé les investisseurs, selon les rapports de Bloomberg News.
Trois jours plus tard seulement, le 12 mars 2020, le Dow a de nouveau plongé. Il a chuté de 2 352,60 points, ce qui représente une baisse de 9,99 %. Cela a marqué la pire baisse quotidienne en pourcentage pour l’indice depuis le krach du « Black Monday » de 1987. Les investisseurs ont massivement vendu leurs actions, cherchant refuge dans des actifs moins risqués.
La plus grande chute en points de l’histoire du Dow s’est produite le 16 mars 2020. L’indice a perdu 2 997,10 points, soit une baisse stupéfiante de 12,93 %. Ce fut sa troisième plus forte baisse en pourcentage de son histoire. L’incertitude économique engendrée par les confinements généralisés a provoqué une intense panique chez les investisseurs.
Pendant ces jours tumultueux, les régulateurs du marché ont activé des circuit breakers. Il s’agit d’arrêts temporaires des échanges. Ils s’activent lorsque les principaux indices boursiers comme le S&P 500 franchissent des seuils de baisse spécifiques, généralement 7 %, 13 % et 20 %. Les circuit breakers visent à prévenir une spirale de ventes panique et à donner aux investisseurs le temps d’assimiler l’information, comme l’explique la U.S. Securities and Exchange Commission (SEC).
Au-delà des chiffres : les retombées économiques et la réponse
Les baisses spectaculaires du marché de mars 2020 ont eu des conséquences réelles. Le 23 mars 2020, le DJIA a atteint son point le plus bas depuis le début de la pandémie, à 18 591,93. Ce rapide ralentissement a affecté les comptes de retraite de millions d’Américains et a fortement érodé la confiance des consommateurs.
Les gouvernements et les banques centrales ont réagi rapidement et avec vigueur. La Federal Reserve a pris des mesures de politique monétaire énergiques. Elle a réduit son taux directeur à un niveau proche de zéro, selon les déclarations du président de l’époque, Jerome Powell. La Fed a également lancé des programmes massifs d’achat d’actifs, une pratique connue sous le nom de quantitative easing.
Le quantitative easing consiste pour une banque centrale à acheter des obligations d’État et d’autres titres. Cette action injecte des liquidités dans le système financier. Elle vise à abaisser les taux d’intérêt à long terme et à stimuler l’activité économique. L’objectif était de stabiliser les marchés et d’encourager les prêts.
Le Congrès a également adopté des mesures massives de relance budgétaire. Le CARES Act, adopté en mars 2020, a prévu des paiements directs aux ménages. Il a également offert des allocations de chômage élargies et des prêts aux entreprises. Ces mesures se sont élevées à plus de 2 billions de dollars, comme l’a rapporté le U.S. Department of the Treasury. Ces efforts coordonnés ont contribué à amortir le choc économique et à ouvrir la voie à une reprise du marché.
Les circuit breakers sont des suspensions temporaires des transactions sur les bourses, conçus pour prévenir les ventes de panique lors de fortes baisses du marché. Ils ont été activés plusieurs fois en mars 2020 alors que le Dow plongeait, donnant aux investisseurs le temps d'assimiler l'information. (Photo : Leeloo The First, Pexels)
Pourquoi la volatilité du marché est un compagnon constant
Le DJIA a commencé à être coté en 1896. Depuis lors, il a traversé de nombreuses périodes de volatilité extrême. Les fluctuations du marché ne sont pas des anomalies, mais une caractéristique inhérente aux marchés financiers. De nombreux facteurs contribuent à ces fluctuations.
Les événements géopolitiques déclenchent fréquemment des réactions du marché. Les guerres, les différends commerciaux et les crises internationales créent de l’incertitude. Les investisseurs se retirent souvent des actifs risqués dans de tels environnements. Les données économiques jouent également un rôle essentiel.
Les rapports sur l’inflation, le chômage et le produit intérieur brut influencent directement le sentiment du marché. Des données positives peuvent stimuler les hausses, tandis que des nouvelles négatives peuvent déclencher des vagues de ventes. Les résultats d’entreprise inattendus des grandes sociétés influencent également les marchés. Une mauvaise performance d’une composante du Dow, par exemple, peut faire chuter l’ensemble de l’indice.
Les avancées technologiques et les innovations disruptives remodèlent constamment les industries. Ces changements créent des gagnants et des perdants, ce qui impacte les valorisations boursières. En fin de compte, la psychologie des investisseurs exerce une force puissante. La peur et la cupidité expliquent souvent les mouvements du marché, au-delà de toute analyse économique rationnelle.
L’historien financier Robert Shiller, lauréat du prix Nobel de l’université de Yale, souligne le rôle des « récits » dans les bulles et les krachs boursiers. Il explique comment les récits collectifs et les réponses émotionnelles peuvent amplifier les mouvements du marché. Les corrections boursières, définies par une baisse de 10 % par rapport à un pic récent, et les bear markets, une chute de 20 % ou plus, sont des éléments normaux des cycles économiques. Ils représentent des périodes de réajustement.
Naviguer dans les futures fluctuations du marché
Malgré ces baisses spectaculaires et ces périodes de panique, le DJIA a fait preuve d’une résilience remarquable à long terme. Depuis sa création, la valeur de l’indice a affiché une tendance haussière sur des décennies. Cette tendance reste vraie même avec de nombreuses récessions et crises jalonnant son parcours. Comprendre ce contexte historique est vital pour les investisseurs.
Aborder la volatilité du marché exige un état d’esprit stratégique. Les experts conseillent souvent aux investisseurs d’adopter une perspective à long terme. Paniquer et vendre des investissements pendant les ralentissements peut cristalliser les pertes. Au lieu de cela, de nombreux conseillers financiers recommandent de rester investi tout au long des cycles du marché.
La diversification est une autre stratégie clé. Répartir les investissements sur différentes classes d’actifs, industries et régions géographiques peut réduire les risques. Si un secteur ou une région affiche de mauvaises performances, d’autres pourraient bien se comporter, équilibrant ainsi le portefeuille. Investir un montant fixe régulièrement, connu sous le nom de dollar-cost averaging, peut également atténuer les risques. Cette stratégie consiste à acheter plus d’actions lorsque les prix sont bas et moins lorsque les prix sont élevés.
Rester informé des tendances économiques mondiales et des facteurs sous-jacents du marché est crucial. Cette connaissance aide les investisseurs à prendre des décisions rationnelles plutôt qu’émotionnelles. Les institutions financières et les conseillers fournissent des analyses précieuses et des outils de gestion des risques. Bien que les futures fluctuations du marché soient inévitables, comprendre leur nature aide les individus à les traverser avec succès.
FAQ
Qu’est-ce qu’un « point » dans le Dow Jones ? Un « point » est simplement une unité de mesure de la valeur du Dow Jones Industrial Average. Il reflète le mouvement d’ensemble des 30 actions qui le composent. Il ne correspond pas directement à un montant en dollars.
Pourquoi les pourcentages sont-ils plus importants que les points ? Les pourcentages fournissent une mesure relative du changement, indiquant la gravité d’un mouvement boursier. Une chute de 2 000 points représente une baisse de 20 % pour un indice à 10 000 points, mais seulement une baisse de 6,7 % pour un indice à 30 000 points. Les pourcentages offrent une comparaison plus précise dans le temps.
Que sont les circuit breakers du marché ? Les circuit breakers sont des suspensions temporaires des transactions déclenchées par les bourses lorsque les principaux indices boursiers franchissent certains seuils de baisse en pourcentage. Ils sont conçus pour prévenir des ventes rapides et incontrôlées. Ils donnent aux investisseurs le temps d’assimiler l’information lors d’une volatilité extrême du marché.
À quelle vitesse les marchés peuvent-ils se remettre d’une forte baisse ? Les délais de reprise des marchés varient considérablement, en fonction de la cause et de la gravité du repli. Certaines baisses sont suivies de reprises rapides en « V », comme après le choc initial lié à la COVID-19. D’autres, comme la crise financière de 2008, entraînent des reprises plus longues et plus progressives.
La crise financière de 2008, déclenchée par l'effondrement du marché immobilier et des prêts hypothécaires subprimes, a conduit à une grave récession mondiale et à une reprise prolongée et progressive des marchés, illustrant de manière frappante une reprise non en « V ». (Source : corporatefinanceinstitute.com)