Migration climatique : l'OIM dément l'exode massif vers les nations riches

Migration climatique : l'OIM dément l'exode massif vers les nations riches

Contrairement aux idées reçues, la migration environnementale ne se traduit pas par un afflux massif vers les pays développés. L'Organisation internationale pour les migrations clarifie les véritables enjeux et définit ce phénomène complexe.


La migration climatique n’est pas ce que vous pensez

Les idées reçues sur la migration climatique sont souvent fausses. Beaucoup s’imaginent un exode massif de personnes vers les nations riches. Cette vision ne reflète pas la réalité de l’impact du changement climatique sur les déplacements humains. Il est donc essentiel de comprendre les véritables tendances.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) définit les migrants environnementaux comme des personnes contraintes de quitter leur foyer en raison de changements environnementaux. Ces changements compromettent leur vie ou leurs conditions d’existence. Leurs déplacements peuvent être temporaires ou permanents, volontaires ou forcés.

La plupart des gens restent chez eux

En 2022, les catastrophes météorologiques ont poussé 32,6 millions de personnes à se déplacer sur leur propre territoire. Ce chiffre considérable est fourni par le Centre de surveillance des déplacements internes (IDMC). Ces événements ont été provoqués par les inondations, les tempêtes, les sécheresses et les feux de forêt. Par exemple, les inondations massives de 2022 au Pakistan ont déplacé 8,2 millions de personnes. La plupart se sont déplacées vers des zones plus élevées ou des abris temporaires à l’intérieur du Pakistan. Ces exemples montrent que la plupart des personnes déplacées par les impacts climatiques restent dans leur propre pays. Elles franchissent rarement les frontières, ce qui contraste fortement avec les récits courants d’exode international.

Le climat n’est pas la seule raison des déplacements

Plus de 80 % des pays vulnérables au changement climatique sont également confrontés à une instabilité politique majeure ou à des conflits. C’est ce qu’a révélé une étude de l’ONU de 2021. Les impacts climatiques aggravent souvent les problèmes existants. Ils ne sont que rarement le seul facteur déclencheur. Les difficultés économiques, la mauvaise gouvernance et les conflits sont souvent liés.

La guerre civile syrienne a commencé en 2011 après une sécheresse sévère et pluriannuelle. Des chercheurs comme le Dr Colin Kelley de l’Université Columbia ont établi un lien entre l’effondrement des exploitations agricoles dû à la sécheresse et les troubles sociaux. Le stress climatique était un facteur, mais ce n’était pas la seule cause du conflit ou de la migration ultérieure. Il a accru les tensions existantes.

Les communautés de la région du Sahel sont confrontées à la désertification et à des conflits armés persistants. Les gens se déplacent souvent pour fuir la violence et l’insécurité. Les dommages environnementaux s’ajoutent à leurs problèmes, mais c’est rarement la seule raison de leur départ. Les décisions migratoires reposent sur de multiples facteurs.

Déplacements courts, enjeux locaux majeurs

La plupart des déplacements liés au climat sont courts. Ils impliquent souvent des relocalisations temporaires vers des villes ou agglomérations voisines. Un rapport de la Banque mondiale de 2018, intitulé « Groundswell : Préparer la migration climatique interne », a montré cette tendance. L’idée de longs voyages internationaux est largement erronée concernant les personnes déplacées par le climat.

Les inondations de mousson de 2022 au Pakistan ont été un événement catastrophique, déplaçant 8,2 millions de personnes sur le territoire national.

Les inondations de mousson de 2022 au Pakistan ont été un événement catastrophique, déplaçant 8,2 millions de personnes sur le territoire national. Beaucoup ont cherché un abri temporaire sur des zones plus élevées, illustrant que la migration induite par le climat se produit souvent à l'intérieur des frontières nationales. (Source : britannica.com)

Au Bangladesh, l’érosion des berges déplace des personnes. Elles se déplacent souvent vers les bidonvilles de Dhaka, tout en restant sur le territoire national. Cela crée de nouvelles pressions urbaines et met à rude épreuve les ressources dans des zones déjà surpeuplées. Le rapport Groundswell prévoit jusqu’à 216 millions de migrants climatiques internes d’ici 2050 dans six régions. L’Afrique subsaharienne et l’Asie de l’Est et Pacifique seront les régions les plus concernées.

Ces déplacements internes peuvent néanmoins être profondément perturbateurs. Ils entraînent souvent la perte d’emplois et de réseaux sociaux. Mais ils sont très différents de la migration transfrontalière et nécessitent des réponses politiques distinctes. Connaître cette différence est essentiel pour une planification efficace.

Beaucoup de gens s’adaptent, sans se déplacer

Des millions de personnes s’adaptent activement aux climats changeants sans se déplacer. Les recherches du Programme Changement Environnemental et Sécurité du Wilson Center mettent en lumière cette capacité de résilience. La migration est souvent un dernier recours, pas un premier choix. De nombreuses communautés investissent dans des stratégies locales pour faire face aux changements environnementaux.

Dans le delta du Mékong au Vietnam, les agriculteurs cultivent désormais des cultures tolérantes au sel. Ils construisent des maisons surélevées pour résister aux inondations. Ces changements leur permettent de rester sur place malgré la montée des eaux. Ces efforts démontrent leur attachement à leurs foyers et à leurs traditions. De telles initiatives réduisent le besoin de se déplacer.

Les communautés pastorales d’Afrique de l’Est développent de nouvelles stratégies de pâturage. Elles utilisent des téléphones portables pour trouver de l’eau et des pâturages. Cela évite les grands déplacements permanents. Investir dans ces mesures d’adaptation locales peut réduire considérablement les déplacements futurs. Cela aide les communautés à renforcer leur résilience.

De nouvelles politiques pour un avenir complexe

L’Accord de Paris de 2015 a reconnu le changement climatique comme un facteur de migration. Il a appelé à la création d’un groupe de travail sur les déplacements. Ce fut une étape importante. Mais une bonne politique doit comprendre que les déplacements liés au climat se produisent à l’intérieur des pays et sont multifactoriels. Elle devrait soutenir l’adaptation in situ en premier lieu.

Les gouvernements doivent se concentrer sur le développement des régions vulnérables. Ils doivent renforcer les filets de sécurité sociale. Une planification de la relocalisation interne gérée est également indispensable lorsque l’adaptation n’est pas suffisante. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) soutient la « migration digne ». Cela signifie un mouvement planifié et volontaire, et pas seulement un déplacement réactif.

Dans le delta du Mékong au Vietnam, les communautés construisent des maisons surélevées comme stratégie d'adaptation cruciale contre la montée des eaux et l'intensification des inondations.

Dans le delta du Mékong au Vietnam, les communautés construisent des maisons surélevées comme stratégie d'adaptation cruciale contre la montée des eaux et l'intensification des inondations. Cela permet aux résidents de maintenir leurs moyens de subsistance et leurs traditions sans être contraints de migrer. (Source : e-education.psu.edu)

Connaître ces dynamiques précises aide les gouvernements à se préparer. Cela déplace l’attention du contrôle réactif des frontières vers la sécurité humaine dès le départ. Les politiques futures devraient investir dans des infrastructures qui résistent aux impacts climatiques. Elles devraient également soutenir les initiatives d’adaptation locales. Cette approche privilégie le bien-être humain à mesure que l’environnement change.


FAQ

Qu’est-ce qu’un « migrant climatique » ?

Un migrant climatique est une personne contrainte de quitter son foyer par des changements environnementaux soudains ou lents. Ces changements doivent compromettre leur vie ou leurs conditions d’existence. Le terme est large et englobe de nombreux types de déplacements.

La migration climatique est-elle nouvelle ?

Non, les gens se sont toujours déplacés à cause des changements environnementaux. Ce qui est nouveau, c’est la rapidité et l’ampleur des impacts actuels du changement climatique. Cela aggrave les problèmes existants et peut accélérer les déplacements.

Les migrants climatiques sont-ils protégés par le droit international ?

Aucune loi internationale spécifique ne protège actuellement les « migrants climatiques ». Le droit des réfugiés couvre principalement les personnes fuyant la persécution. Beaucoup de gens plaident pour de nouvelles protections juridiques ou pour l’élargissement des protections actuelles.

Que font les pays riches ?

Les pays riches contribuent davantage au changement climatique. Ils disposent également de plus de ressources pour s’adapter et gérer les déplacements. Leur rôle consiste à réduire les émissions, à soutenir l’adaptation dans les nations vulnérables et éventuellement à faciliter la migration gérée.

Les infrastructures de défense côtière, telles que les immenses digues ou les barrières anti-inondation, sont des investissements de plus en plus vitaux.

Les infrastructures de défense côtière, telles que les immenses digues ou les barrières anti-inondation, sont des investissements de plus en plus vitaux pour les nations confrontées à la montée des eaux et aux événements météorologiques extrêmes dus au changement climatique, protégeant les communautés et les économies de l'inondation. (Source : climatechange.environment.nsw.gov.au)


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